Franz Anton Mesmer - Mémoire sur la découverte du magnétisme animal (1779)

Magnétisme animal et somnambulisme

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Lorsque Franz Anton Mesmer (1734-1815) publie ce mémoire en 1779, il vit à Paris depuis février 1778 et cherche la reconnaissance des corps savants que Vienne lui a refusée. Le texte, un petit volume de 85 pages paru chez Didot le jeune sous l’adresse de Genève, se présente comme l’« avant-coureur » d’une théorie plus complète. Mesmer y rappelle sa dissertation viennoise de 1766 sur l’influence des planètes sur le corps humain, puis raconte comment la cure de Mlle Œsterline, en 1773-1774, l’a conduit des aimants fournis par le père Hell à l’idée d’un agent distinct de l’aimant minéral, qu’il nomme magnétisme animal.

L’essentiel du mémoire est un récit polémique. Mesmer y décrit les expériences qu’il aurait faites devant Ingenhousz, notamment une tasse de porcelaine choisie au hasard et « magnétisée » que la malade reconnaît, ou une action exercée du doigt à huit pas de distance. Il détaille ensuite l’affaire Marie-Thérèse Paradis, aveugle depuis l’âge de quatre ans, à qui il affirme avoir rendu la vue, puis le conflit avec sa famille et avec Stoerck qui précipite son départ. Une longue note reproduit la relation du père sur l’apprentissage de la vision par la jeune fille, document étonnant sur la perception chez un aveugle recouvrant la vue.

Le texte se clôt sur vingt-sept propositions, qui développent les « assertions sommaires en dix-neuf articles » remises aux savants parisiens. La deuxième pose l’existence d’« un fluide universellement répandu » servant de moyen à l’influence mutuelle des corps célestes, de la Terre et des corps animés ; la quatorzième affirme que son action « a lieu à une distance éloignée, sans le secours d’aucun corps intermédiaire ». Les dernières promettent une médecine capable de provoquer et de diriger les crises, de guérir « immédiatement les maladies des nerfs » et de préserver la santé de chacun. L’avis au public résume l’ambition : la Nature offre « un moyen universel de guérir et de préserver les hommes ».

C’est ce texte que les commissaires de 1784 citeront pour définir l’objet de leur examen. Il fixe le vocabulaire du fluide, de la crise et du rapport qui organisera tout le débat ultérieur. Pour l’histoire des expériences exceptionnelles, sa valeur tient à ce double geste : Mesmer naturalise des guérisons jusque-là rangées du côté du miracle (il évoque sans le nommer l’exorciste Gassner, « instrument de la Nature ») et, dans le même mouvement, attribue à son agent des propriétés d’action à distance qui ouvrent la question que la recherche psi reprendra un siècle plus tard.

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Référence

Mesmer, F. A. (1779). Mémoire sur la découverte du magnétisme animal. P. F. Didot le jeune.

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