En 1882, la Society for Psychical Research se donne pour tâche d’examiner sans parti pris les faits que la science de son temps refuse de regarder. Son premier grand chantier porte sur les apparitions de personnes vivantes, et surtout de mourants, perçues au loin par un proche au moment même de la crise. Edmund Gurney, Frederic Myers et Frank Podmore en tirent en 1886 les deux volumes des Phantasms of the Living, que Léon Marillier traduit et abrège pour le public français en 1891, avec une préface de Charles Richet. Le comité dirigé par Henry Sidgwick reprend ensuite la question à grande échelle : 17 000 personnes interrogées, une statistique des coïncidences avec la mort publiée en 1894. Flammarion lance en 1899 sa propre enquête auprès des lecteurs des Annales politiques et littéraires. C’est de cette méthode, entre juge d’instruction et historien, que Bergson fera l’éloge devant la SPR en 1913 (voir « Fantômes de vivants et recherche psychique »), et Richet en fut l’un des relais en France (voir le dossier Charles Richet et la métapsychique).