Charles Richet et la métapsychique
> Charles Richet – Souvenirs d’un physiologiste (1933)
Les Souvenirs d’un physiologiste paraissent en 1933 chez Peyronnet, la même année que La grande espérance. L’essentiel du livre retrace une carrière de savant : le laboratoire, l’anaphylaxie, le prix Nobel, les congrès, l’engagement pacifiste, les incursions dans le roman et le théâtre. Richet y consacre pourtant son dernier chapitre aux « sciences dites occultes, presque maudites », qui ont pris selon lui une grande partie de son temps. C’est là qu’il faut lire le livre si l’on s’intéresse à la métapsychique.
Le récit commence avec l’hypnose. Élève au lycée Condorcet, Richet assiste à une séance de magnétisme et, à seize ans, endort une amie de sa sœur. Externe à l’Hôtel-Dieu, il obtient d’une jeune patiente endormie les lettres du nom d’un camarade qu’elle ne connaissait pas, et refuse d’y croire. Il raconte cet « aveuglement » de jeunesse sans complaisance : il lui vaut, dit-il, de l’indulgence pour ceux qui nient encore la lucidité. Interne à Beaujon, il publie en 1875 un mémoire sur le somnambulisme provoqué, contre l’opinion médicale du moment, puis ses expériences sur les changements de personnalité qu’il appelle « objectivation des types ».
Viennent ensuite la visite d’Aksakof, les séances de Milan avec Eusapia Palladino et Lombroso, l’expérience de « l’alphabet caché » avec son ami Gaston Fournier, les liens avec Myers, Gurney, Sidgwick et Lodge, les trois mois passés avec Palladino et Ochorowicz sur son île de la Méditerranée. Richet revient aussi, en note, sur les séances d’Alger chez le général Noël, dont on disait qu’il avait été mystifié, et donne sa version de l’affaire. Il rappelle enfin comment il a nommé la métapsychique, résume les conclusions du Traité (une métapsychique mentale, une métapsychique mécanique) et oppose Palladino, médium à effets physiques, à Stéphane Ossowiecki, médium à « métapsychique mentale ».
Sa position finale reste celle de toute son œuvre. On l’a souvent dit spirite ; il répète qu’il ne peut accepter la communication avec les défunts, mais que l’inhabituel existe et qu’il faut en chercher les lois. La dernière page relie les deux versants de sa vie : la science de la vie, écrit-il, se confond avec la science de la pensée.
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