Charles Richet et la métapsychique
> Charles Richet – Notre sixième sens (1928)
Le Traité de métapsychique était une somme, Notre sixième sens est un plaidoyer. Publié en 1928 aux éditions Montaigne, le livre reprend une seule question, celle de la connaissance paranormale, et lui donne une réponse de physiologiste : si certains sujets accèdent à des informations qu’aucun de leurs sens ne leur a transmises, c’est qu’il existe un sens de plus.
Richet revient ici sur la cryptesthésie, le terme qu’il avait introduit pour désigner la télépathie, la lucidité et les pressentiments sans rien présupposer de leur mécanisme. Il la traite comme une fonction sensorielle à part entière, dont nous ignorons l’organe comme le stimulus, et qui ne se manifeste nettement que chez quelques sujets ou dans certains états : rêve, transe, somnambulisme.
L’intérêt du livre tient à ce déplacement. En rangeant la cryptesthésie parmi les sens, Richet la retire au merveilleux et à la question de la survivance pour la rendre à la biologie. On retrouve là sa réserve constante envers l’interprétation spirite : les faits sont réels, mais ils parlent d’abord des capacités de l’esprit humain. Le ton est plus direct que dans le Traité, les exemples plus choisis, et l’ouvrage s’adresse à un public cultivé plutôt qu’aux seuls spécialistes. Richet y renverra lui-même, trois ans plus tard, dans L’avenir et la prémonition, comme à la démonstration de la réalité de la lucidité.
La recherche ultérieure n’a jamais identifié le support physiologique de ce sixième sens. Le livre reste l’une des premières tentatives pour penser les perceptions psi dans les catégories ordinaires de la psychophysiologie.
L’ouvrage n’est pas encore numérisé en accès libre. On le trouve en bibliothèque, par exemple à la BnF, et il a fait l’objet de rééditions récentes.