Psychédéliques et psychanalyse : penser les états non ordinaires de conscience

Que se passe-t-il, psychiquement, sous psychédélique ? La pharmacologie décrit l’action des molécules ; elle dit peu de chose de ce que le sujet en fait. Dans un article paru dans In Analysis, Thomas Rabeyron et Étienne Artru abordent la question à partir de la métapsychologie psychanalytique.

Les auteurs examinent la manière dont ces substances modifient la subjectivité et laissent affleurer des contenus inconscients. Le « set and setting » y tient une place décisive, comme le cadre thérapeutique, les processus primaires et le transfert, qui donnent forme à l’expérience autant que la molécule elle-même.

L’article s’arrête longuement sur les expériences de rencontre, notamment avec des « entités », et sur ce qu’elles mobilisent des processus de symbolisation. Par leur intensité, leur étrangeté et la charge de sens qu’elles portent, elles rejoignent certaines expériences exceptionnelles que l’on rencontre en clinique hors de tout usage de substance. Le rapprochement prolonge les travaux menés à CIRCEE sur les formes extrêmes de symbolisation et sur les expériences vécues aux limites de la subjectivité.

Les auteurs concluent que les psychédéliques peuvent catalyser des processus psychiques très intenses, mais que ceux-ci ne s’élaborent et ne s’intègrent que dans un cadre suffisamment contenant.

Référence : Rabeyron, T., & Artru, E. (2026). Psychédéliques et psychanalyse : du cadre thérapeutique aux potentialités symboligènes. In Analysis, 10(1), 100577. https://doi.org/10.1016/j.inan.2026.100577