Frederic W. H. Myers - On telepathic hypnotism (1886)

Le sommeil à distance (1884-1887)

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Frederic W. H. Myers, l’un des fondateurs de la Society for Psychical Research et co-auteur des Phantasms of the Living parus la même année, séjourne au Havre du 20 au 24 avril 1886 avec son frère, le docteur A. T. Myers. L’article, publié dans le quatrième volume des Proceedings, reprend les notes prises alors, relues au jour le jour par son frère, qui avaient servi à une communication devant la Société de psychologie physiologique le 24 mai. Il résume d’abord les observations de Janet de l’automne 1885, puis insiste sur la personne de Mme B. : une paysanne d’âge mûr, lente et placide, qui n’a jamais fait métier de l’hypnotisme, ne tire aucun argent de ses séjours et n’aime pas qu’on l’endorme de loin. Myers l’oppose à une hystérique célèbre de la Salpêtrière, dont il soupçonne la ruse et le goût d’être remarquée.

Il rapporte ensuite six essais. L’heure est parfois tirée au sort, les observateurs attendent hors de vue du pavillon, et Myers passe en revue les sources d’erreur : fraude, coïncidence, suggestion par la parole ou le geste. Les deux premiers essais lui paraissent explicables par la suggestion ordinaire. Le troisième, le soir du 22 avril, emporte sa conviction. Gibert veut depuis chez lui que Mme B. le rejoigne ; à 21 h 25 elle sort du pavillon, les yeux fermés, traverse et retraverse les rues et arrive chez lui vers 21 h 45. Elle hésite et titube au moment où Gibert, lassé, est allé jouer au billard, coïncidence que Myers donne pour possiblement fortuite. Un tableau récapitule vingt-cinq essais depuis octobre 1885 : dix-neuf coïncidences, six échecs. Myers se montre en revanche sévère pour les expériences à l’aimant, qu’il attribue à la suggestion, et recommande d’employer des électro-aimants commandés depuis une autre pièce.

L’article vaut surtout par son ambition théorique. Myers y forge l’expression telepathic hypnotism et refuse deux facilités : celle des magnétiseurs, pour qui un fluide sorti des doigts traverserait murs et rues, et celle des « suggestionnistes », qui parlent de suggestion à distance sans relier ce phénomène aux autres. Il renoue avec le rapport Husson de 1831, propose un schéma provisoire de neuf modes d’induction de l’hypnose, de la stimulation nerveuse massive jusqu’à la suggestion mentale sans contact, et rapproche le sommeil à distance des apparitions de mourants recueillies dans les Phantasms. La télépathie interdit selon lui toute distinction tranchée entre esprit et matière. On voit se dessiner le programme de Human Personality and Its Survival of Bodily Death (1903), qui place hypnose, hystérie et phénomènes psychiques sur une même échelle de l’activité subliminale.

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Référence

Myers, F. W. H. (1886). On telepathic hypnotism, and its relation to other forms of hypnotic suggestion. Proceedings of the Society for Psychical Research, 4, 127-188.

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