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26 septembre 2012

Deux articles dans Frontiers sur les Expériences exceptionnelles

Le psychologue Wolfgang Fach, qui travaille depuis plus d’une décennie à l’Institut pour les zones frontières de la psychologie et l’hygiène mentale de Freiburg, réalise actuellement une thèse sur les expériences exceptionnelles à l’Université de Berne (Suisse). Dans le cadre de sa recherche doctorale, il a sondé les expériences exceptionnelles de nombreuses personnes issues de la population ordinaire. Il a récemment publié certaines de ses données sur les profils des personnes qui vivent des expériences exceptionnelles et leur rapport à la santé mentale dans la revue en ligne Frontiers.

Fach, W., Atmanspacher, H., Landolt, K, Wyss, T., Rössler, W. (2013). A comparative study of exceptional experiences of clients seeking advice and of subjects in an ordinary population. Frontiers in Psychology. doi : 10.3389/fpsyg.2013.00065

Résumé

Les expériences exceptionnelles (EE) se produisent fréquemment chez des populations de nombreux pays et dans contextes socio-culturels variés. Bien que certaines EE montrent des similitudes avec des troubles mentaux, ce serait une erreur de les identifier en général comme des troubles. En fait, un grand nombre d’individus relatant des EE sont des individus à des niveaux subcliniques ou complètement sains. Nous avons conduit une étude empirique comparative de plusieurs caractéristiques des EE dans deux échantillons - l’un de la population ordinaire et l’autre de personnes cherchant des conseils pour leur EE. De façon surprenante, nous avons trouvé des patterns phénoménologiques d’EE similaires dans les deux échantillons, mais la fréquence et l’intensité des EE pour des personnes cherchant des conseils excèdent significativement celles pour la population ordinaire. Nos résultats vont dans le sens de l’hypothèse d’un spectre continu entre santé mentale et trouble mental pour les types d’expériences analysés.

Abstract

Exceptional experiences (EE) occur frequently within the populations of many countries and across various socio-cultural contexts. Although some EE show similarities with mental disorders, it would be a mistake to identify them in general as disorders. In fact, the vast number of individuals reporting EE includes subclinical and completely healthy subjects. We conducted a comparative empirical study of several characteristics of EE for two samples – one from ordinary population and the other from clients seeking advice. We found surprisingly similar phenomenological patterns of EE in both samples, but the frequency and intensity of EE for clients seeking advice significantly exceeded those for the ordinary population. Our results support the hypothesis of a continuous spectrum between mental health and mental disorder for the types of experiences analyzed.


Landolt, K., Wittwer, A., Wyss, T., Unterassner, L., Fach, W., Krummenacher, P., Brugger, P., Haker, H., Kawohl, W., Schubiger, P.A., Folkers, G., Rössler, W. (2014). Help-seeking in people with exceptional experiences : results from a general population sample. Frontiers in Public Health. doi : 10.3389/fpubh.2014.00051

Résumé

Introduction : Les expériences exceptionnelles (EE) sont des expériences qui dévient des expériences ordinaires, par exemple, la précognition, les apparitions surnaturelles ou le déjà vu. En dépit de leur prévalence élevée dans la population générale, on sait peu de choses sur leurs effets sur la santé mentale et la manière dont les gens gèrent leurs EE. Cette étude vise à évaluer la qualité et la quantité des EE chez des personnes de la population générale suisse, afin d’identifier les prédicteurs de leur recherche d’aide, et de déterminer combien d’entre eux sollicitent le système de santé mentale.

Méthodes : Un sondage en ligne a été utilisé pour évaluer un échantillon représentatif de 1580 personnes représentant la population générale suisse en respectant le genre, l’âge et le niveau d’éducation. Une régression logistique multinomiale fut appliquée pour intégrer la recherche d’aide, les troubles mentaux auto-rapportés et d’autres variables dans un modèle statistique conçu pour identifier les prédicteurs de la recherche d’aide chez des personnes ayant vécu des EE.

Résultats : Presque tous les participants (91 %) ont vécu au moins une EE. Généralement, la recherche d’aide était plus fréquente lorsque les EE étaient évaluées de façon négative. La recherche d’aide à cause de l’EE était moins fréquente chez des personnes sans trouble mental auto-rapporté (8,6 %) que chez des personnes avec un trouble (35,1 %) (OR = 5,7). Même lorsque la fréquence et les attributs des EE étaient contrôlés, les gens sans trouble cherchaient quatre fois moins souvent de l’aide du fait de leur EE que ce qui était attendu. Les personnes avec un diagnostic auto-rapporté de trouble mental préférait voir un professionnel de la santé mentale. La régression multinomiale a révélé une préférence pour les guérisseurs chez les femmes ayant un niveau d’éducation plus faible, qui se décrivent elles-mêmes comme des croyantes et également comme ayant des EE plus impressionnantes.

Conclusion : Les personnes avec des EE qui n’indiquent pas de troubles mentaux cherchent moins souvent de l’aide du fait de leur EE que les personnes qui indiquent un trouble mental. Nous attribuons ce déséquilibre à un seuil d’inhibition plus élevé quant à la recherche d’aide professionnelle. En outre, cela est particulièrement vrai pour les femmes avec un niveau d’éducation plus faible qui ne sollicitent pas le système de prise en charge de la santé mentale aussi souvent que les autres personnes avec des EE, mais préfèrent voir un guérisseur.

Abstract

Background : Exceptional experiences (EE) are experiences that deviate from ordinary experiences, for example precognition, supernatural appearances, or déjà vues. In spite of the high frequency of EE in the general population, little is known about their effect on mental health and about the way people cope with EE. This study aimed to assess the quality and quantity of EE in persons from the Swiss general population, to identify the predictors of their help-seeking, and to determine how many of them approach the mental health system.

Methods : An on-line survey was used to evaluate a quota sample of 1580 persons representing the Swiss general population with respect to gender, age, and level of education. Multinomial logistic regression was applied to integrate help-seeking, self-reported mental disorder, and other variables in a statistical model designed to identify predictors of help-seeking in persons with EE.

Results : Almost all participants (91%) experienced at least one EE. Generally, help-seeking was more frequent when the EE were of negative valence. Help-seeking because of EE was less frequent in persons without a self-reported mental disorder (8.6%) than in persons with a disorder (35.1%) (OR = 5.7). Even when frequency and attributes of EE were controlled for, people without a disorder sought four times less often help because of EE than expected. Persons with a self-reported diagnosis of mental disorder preferred seeing a mental health professional. Multinomial regression revealed a preference for healers in women with less education, who described themselves as believing and also having had more impressive EE.

Conclusion : Persons with EE who do not indicate a mental disorder less often sought help because of EE than persons who indicated a mental disorder. We attribute this imbalance to a high inhibition threshold to seek professional help. Moreover, especially less educated women did not approach the mental health care system as often as other persons with EE, but preferred seeing a healer.


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