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Centre d’Information, de Recherche et de Consultation sur les Expériences Exceptionnelles

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Soutenance de thèse de Renaud Evrard

Renaud Evrard a soutenu sa thèse de doctorat en psychologie sur les "expériences exceptionnelles" à l’Université de Rouen le 15 juin 2012. Il s’est vu accordé la mention très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité.

Titre :

L’EXCEPTION QUI INFIRME LA REGLE ?
Étude de quelques cas réputés psychotiques chez l’adolescent et l’adulte comme frayage vers une clinique différentielle à partir de l’hypothèse des expériences exceptionnelles

Thèse pour le diplôme de docteur en psychologie
Ecole Doctorale Homme Sociétés Risques Territoire
Laboratoire Psychologie et Neurosciences de la Cognition et de l’Affectivité
Equipe Traumatismes individuels et familiaux, Université de Rouen

Composition du Jury

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Jury de thèse

Directeur de thèse : Professeur Pascal LE Maléfan, Université de Rouen
Dr Christophe CHAPEROT, Médecin chef de service à Abbeville
Rapporteur : Professeur Guy GIMENEZ, Université de Provence
Présidente du jury : Professeur Yolande GOVINDAMA, Université de Rouen
Frank Larøi, Université de Liège
Rapporteur : Professeur Jean-Claude MALEVAL, Université de Rennes 2

Résumé

Hypothèses : Cette recherche fait écho à nos interrogations de clinicien sur des expériences hallucinatoires et délirantes dans la population générale. Les études épidémiologiques et psychométriques montrent la prévalence importante de ce type d’expériences qui s’intègrent mal aux modèles classiques de la psychose. De récents modèles sont discutés du point de vue de la psychopathologie psychanalytique : continuum psychotique, schizotypie, psychose débutante, psychose atténuée, entendeurs de voix, transliminalité, personnalité encline à l’imaginaire, etc. Une nouvelle perspective est introduite à partir de l’hypothèse des « expériences exceptionnelles » (traduisant « anomalous experiences ») qui identifie des vécus faisant rupture avec le Modèle du Réel de l’individu sans les qualifier prématurément en termes psychopathologiques. Souvent interprétées de façon paranormale ou spirituelle par ceux qui les vivent, les expériences exceptionnelles ont la réputation d’être des manifestations propres à la psychose ou à la structure psychotique.
Méthodes : Nous testons cette hypothèse d’un lien entre expériences exceptionnelles et psychose à travers une méthodologie quantitative et qualitative : deux questionnaires administrés à 100 personnes issues de la population générale (Schizotypy Personality Questionnaire ; Peters Delusion Inventory) ; et des entretiens semi-structurés avec les 10 premiers adultes et les 10 premiers adolescents (11-19 ans) de cette population.
Résultats : Nous déduisons des résultats quantitatifs qu’être une femme avec des croyances inhabituelles affirmées (« pensée magique ») correspond à un profil de personnes qui peuvent à la fois être vues comme enclines à la psychose ou à la schizotypie (dans une moindre mesure) et comme sensibles aux expériences exceptionnelles. Ce constat d’une situation cliniquement ambiguë correspond à celui de notre revue de la littérature.
Les entretiens sont suivis d’une analyse phénoménologico-structurale à partir de 15 critères différentiels issus de la psychopathologie psychanalytique. Même si ces critères sont appelés à être précisés, ils semblent améliorer le repérage d’un rapport psychotique ou névrotique aux expériences exceptionnelles. D’importantes disparités apparaissent entre les diagnostics déduits des questionnaires et ceux déduits des entretiens, même si la psychose reste une hypothèse différentielle à prendre en compte pour une fraction de notre population.
Discussion : Nous avons montré, avec toutes les limites liées à notre méthodologie originale, que le lien entre expériences exceptionnelles et psychose varie suivant l’outil diagnostic utilisé. Plus précisément, un outil diagnostic sensible aux hallucinations et délires non-psychotiques ; qui ne considère pas certaines expériences ou certaines croyances comme « psychotiques en soi » ; qui se concentre sur le rapport du sujet à son vécu « exceptionnel » : repèrera un lien moins important entre expériences exceptionnelles et troubles psychotiques. L’objectif est de donner des pistes de réflexion pour une clinique différentielle des états ordinaires et extraordinaires des structures psychiques qui utiliserait l’outil diagnostic proposé.

Mots-clefs : psychopathologie psychanalytique – expériences exceptionnelles – modèles de la psychose – population générale – paranormal

Abstract

THE EXCEPTION THAT INFIRMS THE RULE ?
Study of some deemed psychotic cases of adolescents and adults as a step toward a clinical differential practice based on the assumption of the exceptional experiences

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Préparation

Hypotheses : This research echoes our questions as a clinician on hallucinatory and delusional experiences in the general population. Epidemiological and psychometric studies reveal the high prevalence of such experiences that fit poorly to conventional models of psychosis. Recent models are discussed in terms of psychoanalytic psychopathology : psychotic continuum, schizotypy, early psychosis, attenuated psychosis, voice hearers, transliminality, fantasy prone personality, and so on. A new perspective is introduced from the hypothesis of “exceptional experiences” (translation of “anomalous experiences”) that identifies experiences breaking of individual’s Model of the Real without qualifying prematurely in psychopathological terms. Often interpreted as paranormal or spiritual by those who live them, exceptional experiences are reputed to be specific manifestations of psychosis or psychotic structure.
Methods : We test this hypothesis of a link between exceptional experiences and psychosis through a quantitative and qualitative methodology : two questionnaires administered to 100 individuals from the general population (Schizotypy Personality Questionnaire ; Peters Delusion Inventory) ; an semi-structured interviews with first 10 adults and first 10 adolescents (11-19 years old) from this population.
We deduce from quantitative results that to be a woman with asserted unusual beliefs (“magical thinking”) is a profile of people who can both be seen as prone to psychosis or schizotypy (to a lesser extent) and as sensitive to exceptional experiences. This finding of a clinically ambiguous situation matches what we find in our literature review.
Results : The interviews are followed by a phenomenological-structural analysis from 15 differential criteria derived from psychoanalytic psychopathology. Although these criteria need to become more accurate, they seem to improve the identification of a psychotic or neurotic relationship with exceptional experiences. Significant differences appear between the diagnoses derived from questionnaires and those deduced from interviews, although psychosis remains a differential hypothesis to be considered for a fraction of our population.
Discussion : We have shown, with all the limitations related to our original methodology, that the link between exceptional experiences and psychosis varies according to the diagnostic tool used. More specifically, a diagnostic tool sensitive to non-psychotic hallucinations and delusions ; that does not consider certain experiences or beliefs “psychotic per se” ; which focuses on the subject’s relation to his/her “exceptional” experience : identifies a less important link between exceptional experiences and psychotic troubles. The aim is to give food for thought for a clinical differential practice of ordinary and extraordinary psychic structures that would use the proposed diagnostic tool.

Key-words : psychoanalytic psychopathology – exceptional experiences – psychosis models – general population - paranormal


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